Questions à Clara Leroux, Les Cultiveuses (Stains et Pierrefitte-sur-Seine)

Clara Leroux, de l'association Les Cultiveuses, revient sur le projet "Les enquêteurs en ville" qui s'est déroulé fin juillet dans le 93 dans le cadre du dispositif "C'est mon patrimoine".

Comment est né le programme "Les enquêteurs en ville" ?

Les enquêteurs en ville est un projet né d’une conversation avec plusieurs de nos collègues de l’EPT Plaine Commune, notamment Charlotte Saint-Jean, animatrice du patrimoine, et le Service du Patrimoine Culturel du Département de la Seine-Saint-Denis. L’idée était de rapprocher ce projet à destination des enfants d’un autre projet séquano-dionysien, l’inventaire participatif (En)quête de patrimoine : Qui a bâti le Grand Paris ?, et étant donné que nous travaillions avec le Département sur (En)quête de patrimoine, Les Cultiveuses ont ainsi été missionnées.

Nous avions déjà animé des ateliers à destination de groupes scolaires dans le cadre d’(En)quête de patrimoine. Nous nous sommes alors dit que nous pourrions les adapter à des enfants des centres de loisirs du territoire de Plaine Commune.

L’objectif était de leur faire découvrir leur patrimoine local en les sensibilisant à travers plusieurs balades urbaines et ateliers pédagogiques et ludiques autour de jeux de construction, de quizz, et surtout autour de la création d’un livret jeu de piste, l’enjeu principal restant avant tout de leur faire comprendre que l’architecture et le patrimoine, c’est tout ce qui les entoure, et qu’il n’y a pas besoin d’aller à l’autre bout du monde pour en faire la découverte. 

Nous avons co-construit le projet avec Plaine Commune puis avons soumis notre candidature. C’est là que les « Enquêteurs en ville » sont nés.
 

La création d'un livret jeu de piste pour les enfants a-t-elle été un plus ?

La création du livret jeu de piste a été plus ou moins bien prise. Tandis que certains ont sauté sur place quand on leur a expliqué que nous n’allions pas simplement participer au jeu de piste mais bien le créer de toute pièce, qu’ils en seraient les auteurs et qu’ils pourraient ainsi faire découvrir leur ville à leur famille, leurs amis, aux enfants du centre de loisirs et aux animateurs, d’autres ont été moins emballés à l’idée de devoir créer un scénario, inventer des énigmes et dessiner des illustrations. 

Dans l’ensemble, ils n’ont cessé de nous demander quand le livret jeu de piste serait imprimé et qu’ils pourraient le recevoir. Nous avons hâte de le tester avec eux grandeur nature à l’automne prochain et de voir leur petite tête face à leur création parce que même si nous avons dû rédiger des éléments et les mettre en page, les idées viennent d’eux.
 

Comment s'intègre-t-il dans l'inventaire participatif du Grand Paris ?

Il était important que nous réussissions à sensibiliser nos jeunes participants à l’inventaire participatif (En)quête de patrimoine : Qui a bâti le Grand Paris ? et la thématique de cette année sur les signatures de bâtisseurs. À Pierrefitte, nous sommes passés en balade devant de belles demeures signées par architectes et entrepreneurs, ce qui nous a donné l’occasion de leur expliquer ce que c’était, et pour quelle raison les bâtisseurs signaient leurs ouvrages. À Stains, nous leur avons fait découvrir la cité-jardin, et même si les signatures sont très peu nombreuses dans le centre-ville, nous avons pu introduire la thématique en leur montrant l’une des têtes de lion en briques apposée par Eugène Gonot et Georges Albenque. Je crois que ce sont ce genre d’anecdotes que les enfants comme les adultes retiennent !

 

Avez-vous une anecdote à nous partager lors de la semaine d'ateliers de "C'est mon patrimoine" ?

Sur nos semaines d’ateliers « C’est mon patrimoine », nous avons bien entendu un certain nombre d’anecdotes à raconter, mais je crois que celle qui nous a le plus marquées avec Manon, concerne les oculus. Au cours des balades et ateliers, nous avons donné aux enfants quelques notions sur l’architecture et le patrimoine, en partie des mots de vocabulaire et des concepts architecturaux. L’oculus, ces petites fenêtres de forme ronde, qu’on trouve très souvent au dernier étage ou sous les combles des vieilles maisons, a particulièrement marqué nos deux groupes. Sans qu’ils ne retiennent véritablement le mot « oculus », je crois que nous avons entendu parler des « fenêtres rondes » et des « oc quelque chose » pendant deux semaines.