Le Louvre à jouer

Publié le 08.10.2018
Le "Louvre à jouer" par Françoise Feger, du Service Démocratisation culturelle et action territoriale, au Musée du Louvre.

© Musée du Louvre 2017 Olivier Ouadah

 

Le Louvre à jouer est un dispositif itinérant de médiation ludique, proposé hors des murs du musée. Il est destiné à des groupes d’enfants de 6 à 12 ans. Il s’adresse à des enfants éloignés des pratiques culturelles légitimes, sur le temps des vacances. Il a été conçu en 2016 par le service Démocratisation culturelle et action territoriale du Musée du Louvre, en réponse à l’appel à projet « C’est mon patrimoine ».

Le Louvre à jouer se déroule sur la base du scénario suivant : les enfants sont embauchés par la directrice du musée du Louvre qui les invite à construire une exposition. Ils installent les sols, les murs, accrochent et encadrent les peintures, installent les sculptures.

Une fois le musée construit, chaque enfant choisit son rôle : touriste, visiteur, agent d’accueil et de billetterie, équipe de sécurité, pompier, conservateur, restaurateur, copiste, étudiant en art, etc.

A la fin du cycle d'animations, chacun des enfants invite sa propre famille à une visite spéciale du musée du Louvre, dont il est le principal acteur.

1. Comment est né le programme "Le Louvre à jouer" ?

A partir d’octobre 2015, le contexte d’attentats parisiens et le plan Vigipirate renforcé ont rendu la visite du Louvre particulièrement difficile pour les directeurs d’accueil de loisirs. Emprunter les transports en commun pour se rendre jusqu’à Paris avec les enfants étaient devenu impossible, suite à l’interdiction de nombreuses communes. Le hors-les murs s’est imposé à nous de fait. Il permettait de maintenir une offre adaptée, en plein cœur de l’été 2016.

Hors de cette conjoncture particulière, un autre constat s’imposait de longue date : les enfants accueillis en centres de loisirs préfèrent souvent s’inscrire à une activité sportive ou de loisir, plutôt que de venir assister à une visite au musée. Il s’agissait de rendre notre offre plus attractive pour ce public. Et c’est ainsi que nous en sommes venus aux modalités ludiques.

Le Louvre à jouer est donc né de ce désir de faire jouer les enfants avec le Louvre - l’institution comme ses collections - autrement dit, de les faire « jouer au Louvre ».

2. Le programme "Le Louvre à jouer" existe depuis plusieurs éditions, l'avez-vous fait évoluer au fil de vos expériences ? Et si sous quelle forme ?

 A l’issue de chaque programmation nous faisons un bilan avec les partenaires, pour voir ce qui a fonctionné ou ce qui mérite d’être amélioré, que ce soit pour le mobilier, les accessoires, ou l’animation. Chaque itinérance est l’occasion d’enrichir et de parfaire le jeu.  Le scénario est également revu avec chaque médiatrice. Nous en sommes à la troisième génération de directrice. Chacune d’elles a apporté une qualité particulière à l’interprétation, a valorisé tel angle du rôle, ou a creusé plus particulièrement tel métiers du musée, en fonction de ses goûts : la rédaction des cartels, la restauration des œuvres, l’encadrement  etc. Comme tout dispositif manipulé par les enfants, le mobilier est également revu tous les ans dans le cadre de sa maintenance. Nous sommes à la version 2 du dispositif.

3. Combien d'enfants et de familles approximativement en ont bénéficié depuis son lancement ?

Depuis 2016, le Louvre à jouer a itinéré dans une vingtaine de lieux de Paris, Seine-Saint-Denis et Seine-et-Marne. 1700 enfants ont joué au Louvre à jouer en 2016 et 2017 en Seine saint Denis, tous issus de quartiers Politique de la ville. Et plus de 200 enfants habitants de zones rurales isolées de Seine et Marne ont été touchés cette année. 

4. Avez-vous une anecdote particulière à nous faire partager ?
Les enfants aiment rejouer au Louvre à jouer. Certains sont revenus jusqu’à quatre ou cinq fois, connaissant par cœur le scénario, répondant aux questions avant qu’elles ne soient formulées. Ils sont motivés par la découverte de nouveaux métiers auxquels ils n’ont pas eu accès durant les séances précédentes. D’autres veulent tester de nouveaux parcours d’expositions. D’autres encore se sont découverts une vocation à travers un rôle qu’ils ne souhaitent plus quitter. Et il y a parfois des au-revoir très émouvants entre la directrice et ses agents, certains lui promettant : « C’est ce métier que je veux faire plus tard. »