Au cœur du Grand Renversement de rois à la Basilique Cathédrale Saint-Denis (93)

Publié le 27.07.2018
Le vendredi 20 juillet, les rythmes révolutionnaires ont réveillé la ville de Saint-Denis.
Les enfants ont présenté leur spectacle « Le Grand Renversement des rois » sur le parvis et au cœur de la Basilique Cathédrale.
© Ministère de la Culture

Après un rassemblement tribun dans les rues de la ville où les jeunes ont appelé la foule à venir assister à un débat révolutionnaire, les participants devenus députés ont débattu sur le maintien ou non des tombes royales dans la basilique pour finir par le jugement de grandes figures de la révolution comme Marie-Antoinette. Les enfants ont réinterprété un moment crucial de l’histoire de la Basilique. En 1793, elle a été littéralement dévastée mais l'abbé Grégoire s'est érigé en protecteur, sauvegardant ainsi cet important monument de notre patrimoine.

16 octobre 1793. A Paris, Marie Antoinette vient de descendre de la charrette pour rejoindre la guillotine. A quelques kilomètres de là on s’affaire dans la basilique de Saint Denis. Quelques jours plus tôt, la Convention a décrété qu’on ne devrait plus voir aucun symbole de ce qu’on appelle désormais l’ancien régime, c’est-à-dire les symboles royaux et chrétiens. La France toute entière raisonne du martèlement des blasons ou des croix. A Saint Denis on va plus loin. D’abord parce que c’est la nécropole des rois de France. Tout leur est dédié. Et ces rois on les déteste. Et aussi parce qu’on se dit qu’après tout, riches comme ils étaient, on ne serait pas étonné de découvrir pas mal de couronnes en or si on y allait voir de plus près. Ainsi commence ce qu’on a appelé le sac de Saint Denis. 

Pendant 3 trois jours, des révolutionnaires vont ouvrir absolument toutes les tombes de la basilique. On sort les rois et les reines de leurs cercueils, on les fouille et on les jette dans de grandes fosses devant l’Église. Un seul ne sera jamais trouvé, c’est Saint Louis. Au terme du sac, la provende sera maigre. Les rois se faisaient enterrer sans richesse. Dans la fureur, on détruit énormément, notamment les sculptures et les gisants, et cela, l’abbé Grégoire ne le supporte pas. Ce curé d’Emberménil en Lorraine a fait toute la Révolution. On lui doit l’abolition des privilèges, l’abolition de l’esclavage, la nationalité Française pour les juifs, il milite depuis toujours pour le suffrage universel. 

Ces destructions d’œuvres d’art à Saint Denis le font hurler à la tribune contre ces gens qui abiment la beauté et l’histoire. Pour les désigner il ressort le nom d’une vieille tribu barbare célèbre pour ses destructions, la tribu des vandales. Grâce à son intervention la Basilique est sauvée. La France prend conscience du fait qu’elle a un patrimoine. Le premier, dans l’Histoire, l’abbé Grégoire signale aux hommes d’aujourd’hui que quelques soient les idées du présent, ils doivent respect à la mémoire de leurs prédécesseurs. Ils doivent l’admiration à la beauté.

Au cours de leur journée à la basilique, rythmée par des visites interactives et des ateliers de jeux et d'éveil théâtrale, les participants cherchent un moyen de répondre à la question, fréquente chez le jeune public : y-a-t-il eu des rois "gentils" ? Elle interpelle les notions de pouvoir, de règle du jeu, du temps passé comme dans ses formes actuelles. Avec en toile de fond : qu'est-ce qu'une révolution ?

Retour en images sur cette folle après-midi.

Basilique Cathédrale Saint-Denis 1

Basilique Cathédrale Saint-Denis 2

Basilique Cathédrale Saint-Denis 3

Basilique Cathédrale Saint-Denis 4

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Basilique Cathédrale Saint-Denis 6

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